Fonds de la famille Coquebert (210 J)

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Cote/Cotes extrêmes

210 J 1-28

Date

1517-1850

Organisme responsable de l'accès intellectuel

Archives départementales de la Marne

Importance matérielle

0,80 ml

Caractéristiques physiques

Document d'archives

Localisation physique

Centre de Reims

Biographie ou Histoire

La famille Coquebert est une des familles les plus importantes de la ville de Reims au XVIIIème siècle. Connue dans cette ville depuis la fin du XVème siècle, cette famille de marchands drapiers à l'origine s'est élevée dans la bourgeoisie rémoise au XVIIème siècle pour parvenir au siècle suivant à y détenir des pouvoirs de premier plan. Cette élévation continue s'est marquée d'une part par des alliances avec les familles de Reims les plus en vue, d'autre part par l'acquisition de diverses seigneuries dans la région rémoise, dont certaines (Warmeriville, Villers-aux-Nœuds, &) peuvent intéresser les historiens. C'est la raison pour laquelle il a semblé convenable à la famille L'Huillier, détentrice d'archives de cette lignée, d'en proposer le don aux archives publiques, pour tout ce qui se rapporte à la période de l'Ancien Régime et de la Révolution.

Histoire de la conservation

Ce fonds est parvenu jusqu'à son dernier propriétaire par l'intermédiaire de la famille de Rémont. La famille de Rémont est une famille des Ardennes, appartenant à la noblesse d'épée. Elle avait son château principal à Arnicourt, près de Rethel, dont elle était, à l'origine, seigneur en partie, puis seigneur unique. Elle remonte au début du XVème siècle. Elle a prospéré pendant l'Ancien Régime, portant des titres seigneuriaux de Sorbon, Saint-Loup, Château-Porcien, et d'Arnicourt en totalité. Elle a des alliances avec d'autres familles du même milieu, dans les environs immédiats, Rethel, Charleville, puis Reims et sa région.

Au début du XIXème siècle, Charles-Angélique de Rémont a trois fils, Charles-Marie, Raoul et Gustave. Charles-Marie, après un mariage malheureux et à la fin d'une carrière militaire interrompue en 1830 par la chute de Charles X, acquiert une propriété dans les Landes, à Bahus-Soubiran, et s'y installe en 1833 ; puis une autre, près du Houga dans le Gers, appelée La Béroje. Son frère Raoul meurt en 1833, cinq ans après son mariage avec une riche héritière d'origine rémoise, Charlotte-Athénaïs Aubry d'Arancey, sans enfant ; cette dernière rejoint Charles-Marie dans les Landes, mais son beau-père, Charles-Angélique, gère ses biens en Champagne et en Ardennes. Son autre frère, Gustave meurt jeune, en 1847, après avoir eu trois filles de Vitaline Cardinal de Cuzey ; l'une de ces trois filles, Berthe, suite à des problèmes de santé, passe une partie de son enfance auprès de son oncle Charles-Marie et de sa tante Athénaïs dans les Landes. Elle épouse Eugène L'Huillier. Lorsque Charles-Angélique meurt, après ses trois fils, c'est Berthe L'Huillier qui hérite de son château, l'ancienne abbaye de prémontrés de Septfontaines, qu'elle vendra en 1872. Toutes les archives se trouvant alors à Septfontaines sont emportées par elle à La Béroje. De là, elles seront transférées au début du XXème siècle à Bahus-Soubiran.

Le château d'Arnicourt est vendu par Charles-Angélique de Rémont en 1837. Ses archives, qui étaient les archives de la famille de Rémont, ont été emportées par lui à Septfontaines.

Athénaïs Aubry d'Arancey est la fille unique d'André-Joseph Aubry d'Arancey, fils d'Anne-Thérèse-Joséphine Coquebert de Taizy. Avant sa mort, sa mère vivait dans l'hôtel particulier de la famille Coquebert à Reims, au 1 de la rue de la Belle-Image. Cette maison, qui a disparu, était spacieuse et avait logé outre Anne-Thérèse, sa sœur (Élisabeth de Romance) et son frère Claude, le célèbre bibliographe, dont la femme mourut un an après leur mariage et qui n'eut pas d'enfant. Cette branche des Coquebert avait acquis une fortune importante, dont à peu près la moitié revint à Athénaïs. Toutes les archives relatives à ces biens ont transité par Arnicourt après son mariage avec Raoul de Rémont, puis Septfontaines après la mort de ce dernier et la vente d'Arnicourt. Ces archives sont précieuses, car Raoul de Rémont, son futur mari, s'était attelé à la mission de faire profiter Athénaïs de la loi dite du milliard des émigrés et pour cela avait constitué des dossiers de preuves.

Ce bref aperçu généalogique explique pourquoi les archives des familles de Rémont et Coquebert se sont retrouvées regroupées à Bahus, soigneusement conservées, de même d'ailleurs que certaines archives de la famille Aubry d'Arancey.  C'est que les Rémont étaient à la fois conservateurs et procéduriers : ils ont classé et gardé toutes les preuves de leurs avoirs. Mais ces dossiers ont maintes fois été déclassées au gré des besoins que les uns ou les autres avaient de faire valoir leurs droits.

Modalités d'entrées

2025, don (entrée n°5656)

Présentation du contenu

Ce fonds est constitué des documents dont l'objet est divers : actes de propriété (achats, cessions, adjudications, etc.) ; actes de partages avec des inventaires ; actes ayant valeur de preuves lors de contestations ; comptes de gestion ; testaments ; baux, reconnaissances de dettes et constitutions de rentes, etc.

Mode de classement

Il a été choisi de conserver groupé ce qui l'était. En effet, il semble que ces fonds ont été assez bien classés et peut-être inventoriés par Charles-Angélique de Rémont mais parfois déclassés. Souvent les actes sont regroupés, attachés par des liens ou rassemblés sous des brassards de papier pourvus de titres : il a été choisi de respecter ces regroupements. Les notes ont pour objet d'éclairer l'histoire de cette famille ou de montrer l'intérêt de certains documents.

Conditions d'accès

Communicable

Bibliographie

R THI 359 : COUSIN-HENRAT, Etude historique sur Warmériville et ses dépendances : Vaudétré ; Ragonet, Le Pré, Les Marais et le Val-des-Bois, Reims : L. Monce, 1900, 392 p.

Mots clés matières

Mots clés familles

Cote/Cotes extrêmes

210 J 26-28

Date

1517-1825

Notes

Il semble que la propriété de Villers-aux-Nœuds, apportée aux Coquebert par Louis Lepoivre[1], ait été une cense, puis un domaine et finalement une seigneurie et même une vicomté.

[1] Fils de Nicolas Lepoivre et d'Elisabeth Forzy

Revenus des fermes et autres droits de Nicolas Lepoivre et de ses descendants

Cote/Cotes extrêmes

210 J 27

Date

1752-1797

Importance matérielle

20 pièces

Présentation du contenu

Pièces relatives aux revenus des fermes et autres droits de Nicolas Lepoivre et de ses descendants. À noter : Mandement du Roi ordonnant à Nicolas Lepoivre de payer une importante somme à Nicolas Perchape[2], prêtre, pour des droits à Villers-aux-Nœud, un parchemin et une pièce papier, 1752.- Deux cahiers récapitulant en détail les sommes versées fermier par fermier[3] pour la seigneurie et pour la ferme de Villiers-aux-Nœuds, établis par Nicolas Lepoivre pour la période 1754-1772, continués par mention vers 1785, exemplaires de Mme d'Arancey.- Certificats d'inscription et diplômes de Nicolas Lepoivre à la faculté de droit de Reims.- Mémoire sur les coutumes auxquelles se rattachent les seigneuries de Villers-aux-Nœuds[4], 1er février 1753.- Deux pièces relatives à un procès intenté par Laurent Perceval[5] à Louis Lepoivre, qui aurait planté des arbres sur un terrain lui appartenant, mars 1792.- Comptes des dames d'Arancey et de Romance à l'occasion de la succession de M. de Villers-aux-Nœuds (Louis Lepoivre), mort le 7 septembre 1797.

Caractéristiques matérielles et contraintes techniques

Regroupés dans un grand parchemin en mauvais état, relatif à Estienne Lallemand, conseiller du roi Henri IV[1], dont la date a été déchirée (fin XVIème siècle).

Notes

[1] Seigneur de Vouzy (ou Vouzé ou Vouzay), sans doute un descendant de Jean Lallemant cité dans une note précédente ; sa mère est Renée Lhuillier, descendante de la célèbre famille parisienne qui occupa de nombreuses fonctions municipales du XIVème au XVIIIème siècles dans la capitale.

[2] La famille Perchape (ou Parchape) a longtemps eu des biens à Villers-aux-Nœuds.

[3] Il serait intéressant de rapprocher leurs noms de ceux des propriétaires des crus de Champagne aux XIXème et XXème siècle : j'y ai relevé par exemple la famille Quénardel.

[4] Selon ce mémoire, la seigneurie de Villers-aux-Nœuds proprement dite relèverait des coutumes de Vermandois alors que la seigneurie de Vinay, mitoyenne, relèverait des coutumes de Vitry.

[5] Dans la seconde moitié du XVIIIème siècle, la famille Perceval (ou Perseval) est un important propriétaire terrien à Villers-aux-Nœuds, comme on peut le voir dans les documents d'arpentage ou l'état des propriétés qui bordent le Rouillart, cité un peu plus haut.