Fonds Lemaire

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Cote/Cotes extrêmes

73 J 1-325

Date

1724-2001

Organisme responsable de l'accès intellectuel

Archives départementales de la Marne

Importance matérielle

325 articles

7,50 ml

Caractéristiques physiques

Document d'archives

Biographie ou Histoire

Historique de la maison Lemaire

En 1847, O. Delagrange fonde une entreprise en ayant pris un brevet d'invention pour les agrafes de tirage et des brevets pour leur fabrication et pour les machines à agrafer.

Victor Lemaire (1844-1897), ancien élève de l'École nationale des Arts et Métiers de Châlons-sur-Marne, reprend en 1871 l'exploitation de l'établissement alors installé à Epernay, 1 rue Basse Saint-Laurent. Il est associé avec des parents dans une société Victor Lemaire et Cie.

En 1882, il devient seul propriétaire de l'établissement qui s'appelle alors Victor Lemaire.

Il invente des machines à poser les muselets, dont l'emploi commence à se généraliser vers 1844, de nouvelles machines à agrafer, des machines à imprimer les bouchons.

Mais c'est surtout dans le domaine du bouchage qu'il est le plus créatif.

Il invente en 1891 le tube en quatre palettes pour la compression du bouchon qui est adopté par tous les constructeurs de machines à boucher les vins mousseux.

A la mort de Victor Lemaire en 1897, sa veuve reprend la maison sous le nom de Société veuve Victor Lemaire. Son fils René Lemaire (1876-1954) rejoint la direction de la maison l'année suivante. Elle prend alors le nom de Société veuve Victor Lemaire et Fils.

Roger Lemaire, le plus jeune frère de René Lemaire, le rejoint en 1912 et devient le technicien de la maison. C'est pourquoi à la mort de leur mère en 1919, la maison prend le nom de Lemaire frères et compagnie jusqu'en 1931 où elle devient Lemaire frères.

En 1907, les frères Lemaire décident la construction de vastes locaux 50 avenue de Champagne (alors rue du Commerce), qui sont inaugurés en 1909.

L'établissement ajoute une activité de mécanique automobile en 1907. En 1920, le garage signe un contrat de vente d'exclusivité avec Citroën. L'activité automobile reste unie à la fabrication des machines et des muselets jusqu'en 1957.

Les nouveaux locaux comportent un grand atelier pour la fabrication des muselets, alors entièrement manuelle (deux opérations principales tortillage et emboutissage par machines actionnées à la main et par pédales, séparées par l'enfillage effectué entièrement à la main).

Parallèlement à la fabrication des muselets se développe celle des machines à boucher, à agrafer, à museleter. La maison Lemaire exporte dans le monde entier.

Un des grands succès est la boucheuse dite automatique à l'époque, dont le brevet est déposé en 1910, et qui est produite à partir de 1913. Destinée au bouchage de tirage, elle bouche 1800 bouteilles à l'heure, record pour l'époque. Elle est fabriquée jusqu'en 1967 avec d'importantes modifications notamment son adaptation (modèle mixte) pour le bouchage d'expédition.

Dans le domaine du muselet, une des spécialités de la maison est le muselet Mumm. Inventé par un fabricant de Bordeaux, il est fabriqué de 1920 à 1967 par la maison Lemaire en exclusivité pour la maison Mumm, qui prend la totalité des muselets chez Lemaire.

Après le décès de René Lemaire en 1954, Jean Lemaire, devenu gérant, réalise en 1957 la séparation entre la branche garage (le garage Citroën) attribuée à Roger Lemaire (puis revendue par lui en 1960) et la branche machines et muselets qu'il conserve.

A partir de 1960, Roger Jeanrat, devenu chef d'atelier, puis directeur technique, assure la rénovation complète des activités machines et muselets.

Les innovations se multiplient en ce qui concerne les machines : machines à main MAC (museleteuses, agrafeuses, capsuleuses), boucheuses BSM (boucheuse sans moutons), machines pneumatiques Air-Mac, boucheuses pneumatiques BCA, biduleuses, groupes transferts boucheuses museleteuses GTBM puis MGTBM, etc.

De 1960 à 1980, plus de 2000 machines Lemaire sont vendues.

Dans le domaine des muselets, la grande nouveauté est celle du muselet soudé dont le brevet est déposé en 1958, et dont la réalisation, due à Roger Jeanrat, est effective en 1962.

A partir de 1963, le groupe Moët adopte ce muselet pour les deux tiers de ses besoins. Le groupe Mumm l'adopte en 1967, suivi par beaucoup de maisons et de propriétaires-récoltants.

La vente des muselets soudés atteint 6 000 000 par mois en 1977-1978.

En 1978, la succession de Jean Lemaire ne pouvant être assurée dans sa famille, celui-ci cède le fonds de commerce à Alain Bidault.

En 1984, la partie machines, séparée des muselets en 1982, est reprise par René Mainguet.

En 1986, la partie muselets est reprise par la station oenotechnique de Champagne.

 

 

Historique de la famille Lemaire

  • Marie-Hipollyte-Victor Lemaire (Pierry, 4 mai 1844 - Epernay, 19 mars 1897)

Victor Lemaire est le cadet d'une famille de cinq frères et sœurs . Issu d'une famille de juristes, il est le premier à entamer des études scientifiques. Après son passage l'École des Arts et Métiers de Châlons-sur-Marne, il travaille quelque temps comme dessinateur au bureau des études des chemins de fer du Nord à Paris. En 1871, il fait l'acquisition d'un fonds de commerce d'agrafes pour le bouchage de tirage de champagne et de vins mousseux, aidé par son frère Célestin pendant dix ans.

  • Paul-Albert-René Lemaire (Epernay, 2 mars 1876 - Epernay, 13 janvier 1954)

Après des études au collège d'Epernay, René Lemaire se destine à une carrière dans le domaine du droit. Il s'inscrit à la faculté de droit à Paris et obtient en 1901 la médaille d'or de la faculté pour sa thèse sur le mariage civil. Cependant la mort de son père Victor Lemaire l'amène à prendre la tête de l'entreprise familiale. Pionnier du catholicisme social, René Lemaire marque la ville d'Epernay par ses nombreuses réalisations d'inspiration chrétienne.

En 1904, René Lemaire fonde le Cercle d'Instruction Populaire (qui devient par la suite le Foyer sparnacien), centre culturel et social où sont données de nombreuses conférences, qui s'inscrit au début dans le mouvement du Sillon. La même année est créée la Caisse ouvrière, coopérative de crédit bénéficiant aux employées et aux ouvriers pour l'achat, la construction et l'aménagement de leurs maisons. Enfin le Logement familial, crée en 1921, est une société coopérative qui entreprend la création d'un nouveau quartier entre l'usine Lemaire et les crayères. Ainsi, trente-sept maisons sont construites entre 1921 et 1937.

René Lemaire fait de nombreuses conférences et participe aux réunions dans le cadre du mouvement social catholique en France et à l'étranger. De même, il contribue à faire d'Epernay un centre de diffusion de l'Espéranto. Il est décoré de la croix de chevalier de la Légion d'honneur en 1949.

Historique des membres affiliés à la famille Lemaire

  • Jean-Philippe-Armand Louis dit Louis-Perrier (Ay, 19 mai 1791 - Epernay, 22 juin 1878)

Issu d'une famille propriétaire et négociant en vins, Louis-Perrier est une figure marquante d'Epernay. Parmi ses nombreuses fonctions, on peut retenir celle d'administrateur de l'hospice, directeur de la Caisse d'Epargne, membre du conseil municipal pendant 45 ans dont 32 ans et tant qu'adjoint, et enfin juge suppléant au tribunal civil. Louis-Perrier est également l'auteur de nombreuses études juridiques et historiques, dont un mémoire sur le vin de champagne. En 1826, il épouse Virginie Perrier ( ?- 1828), qui donne naissance à une fille, Virginie (1827-1880). Cette dernière épouse en 1847 le docteur Allamand.

  • Donat-Auguste Allamand (Marseille, 7 octobre 1821 - Epernay, 23 mai 1857)

D'origine suisse, Donat Allamand arrive en France pour faire ses études en France à Paris. Il s'installe à Epernay en 1846 et fait preuve d'un grand dévouement lors des épidémies de choléra en 1846 et en 1854. Il meurt en 1857 à l'âge de 36 ans, alors que sa fille Henriette n'a que 3 ans.

  • Albert-Louis-Eugène Verron (Vertus, 30 août 1846 - Epernay, 3 août 1922)

Albert Verron est le fils de Charles Verron, médecin de campagne à Vertus. Après des études secondaires au lycée de Reims, Albert Verron part à Paris faire ses études de médecine et devient interne des Hôpitaux de Paris. Il s'installe à Epernay en 1875 comme médecin et chiurgien. En 1887, il est le chirurgien en chef de l'hôpital d'Epernay et joue un rôle majeur dans l'organisation du service de chirurgie. En 1891, il installe sa propre clinique privée au sein de l'établissement des Soeurs de Sainte-Chrétienne. Lors de l'invasion allemande en 1914, le docteur Verron est alors le seul médecin restant à Epernay et soigne sans distinction les soldats français et allemands. Il est décoré de la croix de chevalier de la Légion d'honneur.

En 1876, il épouse Henriette Allamand, fille du docteur Allamand. Le couple a trois enfants : Louis (1877-1918), Henri (1884-1957) et Marie (1881-1940) qui épouse René Lemaire en 1906.

Histoire de la conservation

Lors de la cession de l'entreprise en 1978, Jean Lemaire, fils de René Lemaire, a conservé quelques archives de l'entreprise familiale. En 1995, Jean Lemaire propose de déposer aux archives départementales les documents relatifs à l'entreprise ainsi que les archives personnelles de son père, notamment sa correspondance. 

En 2015, les enfants de Jean Lemaire reprennent contact avec les Archives départementales pour proposer un second dépôt concernant les archives de la famille Lemaire et des familles affiliées (Verron et Louis), ainsi que les travaux généalogiques de Jean Lemaire.

Modalités d'entrées

Dépôts, décembre 1996 (entrée n° 2789) et août 2016 (entrée n° 4437)

Présentation du contenu

Le fonds Lemaire est composé de trois parties distinctes :

- les archives de l'entreprise Lemaire parmi lesquelles se trouvent notamment les brevets d'invention et les catalogues de machines, la correspondance commerciale avec les clients en France et à l'étranger ; ainsi que des pièces comptables et des archives relatives au personnel.

- les archives familiales Lemaire qui sont composées pour la majeure partie des archives personnelles de René Lemaire (correspondance personnelle, Cercle d'Instruction Populaire, conférences, etc), ainsi que des archives relatives aux proches parents de René Lemaire (parents, frères).

- les archives généalogiques relatives aux familles affiliées à la famille Lemaire, notamment les familles Louis et Verron.

Mode de classement

Le dépôt de 1996 a donné lieu à un classement et à la production d'un instrument de recherche qui se composait des archives de l'entreprise d'une part, et des archives familiales d'autre part. Les archives provenant du second dépôt ont été intégrée à ce plan de classement sans modifier la structure, mais en étoffant la partie archives familiales. 

Conditions d'accès

Communicable

Documents en relation

Tableau de concordance

Livre-journal des ventes

Cote/Cotes extrêmes

73 J 102

Autres Cotes

73 J 101 (Ancienne cote)

Date

De octobre 1975 à juin 1976