13 - Léon Harmel
Fortement imprégnée de catholicisme, l’œuvre de Léon Harmel (1829-1915) au Val-des-Bois près de Warmeriville apparaît comme une synthèse de toutes les innovations sociales de la seconde moitié du XIXe siècle.

D’origine belge, les Harmel transforment, en 1841, un ancien moulin à céréales de la vallée de la Suippe en un établissement industriel original, sorte de « béguinage industriel ». Comme dans une « oasis » de chrétienté et en « Bon Père », Léon Harmel vit parmi ses neuf enfants et ses ouvriers logés dans sept cités modernes. Pour eux, il prévoit une chapelle, une maison syndicale, un théâtre, une maison de famille offrant des logements et des repas, une boulangerie coopérative, un système d’achat de biens de consommation en commun, un cercle de lecture, un orphelinat, une école et une école ménagère. Outre une politique salariale généreuse, il innove en créant des allocations familiales, une caisse des économies, une caisse de secours mutuels, des assurances pour les accidents du travail, un conseil d’usine pour les ouvriers – préfigurant les comités d’entreprise – et le repos dominical. Avec Bertrand de Mun et René de la Tour du Pin, il est l’un des instigateurs du catholicisme social et milite pour le compagnonnage et une société corporative comme en témoigne son Manuel d’une corporation chrétienne de 1879. C’est aussi un proche de Mgr Langénieux qui a inspiré l’encyclique Rerum novarum. Nombre de réalisations du Val-des-Bois se sont généralisées au XXe siècle.