11 - Vers une société de loisirs
La lente diminution du temps de travail, l’institution du repos hebdomadaire en 1906 et des premiers congés payés en 1936 tendent vers une société de loisirs, tandis que se développe une culture de masse citadine au détriment de celle, traditionnelle, de la campagne. L’explosion de la presse dans la seconde moitié du XIXe siècle accompagne la multiplication des bibliothèques, sociétés et cercles de lecture d’initiative privée : bibliothèque construite par l’industriel Jonathan Holden à Reims, legs de livres précieux par Raoul Chandon de Briailles à la bibliothèque d’Épernay, bibliothèques paroissiales et roulantes de la Conférence de Saint-Vincent-de-Paul de Châlons, bibliothèques intercommunales roulantes créées en 1910 par l’inspecteur primaire de l’arrondissement de Vitry-le-François…

Vers 1900 le théâtre occupe une place privilégiée dans les loisirs. Les salles de spectacles anciennes (Châlons dès 1770, Épernay en 1810) sont rénovées ou complétées par de nouvelles comme le cirque en dur de Châlons en 1899. L’offre est ainsi très large : représentations des classiques proposées par les universités populaires de Châlons ou de Sainte-Ménehould (créée en 1933-1934), théâtres ambulants et animations de foires… Apparues en 1907 les projections de cinéma ont lieu à partir des années 1920 dans des salles spécialisées, des salles de patronage ou en plein air.

Les associations sportives et musicales se multiplient au XXe siècle, créant de nouvelles sociabilités, au sein d’entreprises (fanfares Moët et Chandon à Épernay ou Léon Harmel à Warmeriville), ou dans les quartiers et villages, tout comme les sociétés de tir, clubs de gymnastique et d’athlétisme, les équipes de football. Les équipements sportifs se développent, souvent à partir d’initiatives personnelles : à Châlons, par exemple, le vélodrome créé par René Lemoine en 1904 ou les « Grands bains de la Marne » dont la Ville reprend l’exploitation à partir de 1936.