10 - Développement de l'enseignement professionnel

Ouvriers et patrons tentent de répondre au besoin de formation professionnelle par les écoles de fabrique, les écoles manuelles d’apprentissage et les cours professionnels, à l’origine d’une élite ouvrière de contremaîtres ou agents de maîtrise.

Les écoles de fabrique sont intégrées à l’entreprise, non sans quelques arrière-pensées de la part de leurs promoteurs, comme Léon Harmel au Val-des-Bois qui y voit le moyen de repérer les bons apprentis, ou Raoul Chandon de Briailles qui crée en 1895 l’école de viticulture de Fort Chabrol pour lutter contre le phylloxéra. Quant à l’École d’apprentissage de la Compagnie des chemins de fer de l’Est à Épernay, avec une cinquantaine d’apprentis recrutés parmi les fils d’agents de la société en 1900, c’est une école professionnelle qui prépare directement aux métiers du rail.

Les écoles manuelles d’apprentissage sont fondées par les municipalités, telle celle annexée au Collège municipal de Châlons ou l’École pratique de Commerce et d’Industrie de Reims. Les écoles ménagères inculquent aux jeunes filles les règles pour tenir leur maison, mais donnent aussi des cours pour devenir couturière, repasseuse ou lingère.

Les cours professionnels relèvent d’associations privées, de syndicats patronaux ou ouvrierscomme la Société industrielle de Reims ou l’Union fraternelle des tailleurs à Reims. Certains patrons, Moët et Chandon par exemple, encouragent leurs ouvriers à suivre régulièrement ces cours d’adultes gratuits dont les frais sont payés en partie par les collectivités, par les cotisations des syndiqués, voire par des subventions du Département ou de l’État.