6 - Les sociétés de secours mutuels

À défaut d’un système généralisé de protection sociale, les sociétés de secours mutuels, qui se multiplient légalement avec le décret du 26 mars 1852, offrent des réponses ponctuelles en cas de maladie et face à la vieillesse. Certaines fonctionnent pour une ville, telle l’Association de secours mutuels des hommes de Châlons, Fagnières et Saint-Memmie fondée en 1850, d’autres sont réservées aux employés d’une entreprise comme la Société de secours mutuels des ateliers des chemins de fer de l’Est à Épernay créée en 1856, ou sont d’origine patronale, ainsi la Caisse de Secours et de Retraite des Usines Saint-Hubert, usine d’optique de Sézanne.

Elles donnent des soins médicaux, prennent en charge les frais pharmaceutiques, versent une indemnité durant la maladie, une partie des frais funéraires et des secours extraordinaires à la veuve et aux orphelins. Certaines prévoient également le versement d’une pension à un âge qui varie de 55 à 70 ans, après au moins quinze années de cotisations (les Verriers et similaires de Reims par exemple), le plus souvent après quarante années. Mais en général cette fonction ressortit à des sociétés distinctes, comme la Société mutuelle de prévoyance pour la retraite initiée par É. Lesage à Reims ou les caisses de certaines maisons de champagne (Vve Pommery, G. H. Mumm ou encore Moët et Chandon).

En 1900 on recense 125 sociétés dans la Marne dont 49 à Reims, ce qui induit un émiettement préjudiciable. Vingt ans plus tard, les difficultés financières et le renouvellement insuffisant des adhésions semblent imposer une réorganisation du système.