5 - Les jardins familiaux

Les jardins ouvriers et familiaux sont une autre façon de relever le défi alimentaire. Alors qu’à la campagne l’entretien d’un potager et d’une basse-cour fait partie intégrante de la vie quotidienne, en ville, coupés de leurs racines paysannes, les citadins n’ont plus de contacts avec la terre, même si les alignements de maisons des cités ouvrières masquent des jardinets permettant une modeste production de légumes.

L’Œuvre rémoise des jardins ouvriers est fondée en 1898 par Marie Changeux-Heidsieck, dans un but économique, social et moral. Productrice d’une partie de sa nourriture, la famille apprend à vivre sans subsides et, tandis que l’ouvrier se détourne du cabaret et ses enfants de la rue, l’amour commun de la terre contribue au rapprochement des générations. Parés de toutes les vertus les jardins ouvriers se multiplient rapidement grâce à des initiatives privées et publiques.

En 1899 le conseil municipal de Reims crée une commission chargée des jardins ouvriers municipaux. La Ville met à disposition des familles remplissant certaines conditions de nationalité, ressources et mode de vie, plusieurs groupes de jardins. À Châlons, la Société des jardins ouvriers regroupe 464 jardins en 1939. Quant à l’intérêt de cette œuvre, on estime dans les années 1900 qu’un jardin peut rapporter 100 F par an, soit un peu moins d’un mois de salaire d’un ouvrier textile.