4 - Les sociétés de consommation
Les sociétés coopératives de consommation sont l’une des réponses au défi alimentaire quotidien. Acheter en gros afin de baisser le prix du « vivre », améliorer la qualité des produits, obliger le paiement au comptant, tels en sont les principes de base.

En 1866 Étienne Lesage fonde les Établissements économiques des sociétés mutuelles de la ville de Reims, la première société de ce type. Ils vendent bon et à bon marché dans des succursales ou points de vente accessibles initialement uniquement aux membres d’une société mutuelle, puis ouverts à tous les clients. Forts de près de quarante succursales vers 1900, « les Écos », dont le statut évolue, parviennent néanmoins à conserver l’image d’une société philanthropique d’alimentation censée redistribuer aux adhérents, en fin d’année, les bénéfices réalisés.

Le succès de l’entreprise suscite d’autres expériences : Les Docks rémois créés en 1888 qui firent de Reims une des capitales du succursalisme en France ; la Société économique de Notre-Dame de l’Usine et de l’Atelier en 1891, La Laborieuse en 1894, Le Peuple, boulangerie coopérative, en 1897, la Société coopérative châlonnaise de consommation en 1913…

Parallèlement, certains patrons mettent en place des systèmes qui pallient, au moins en partie, la faiblesse des salaires : distribution chez Moët et Chandon à Épernay de bons de denrées alimentaires utilisables dans plusieurs commerces ; création d’une boulangerie en 1898 par la Société coopérative des Chemins de Fer de l’Est à Épernay et Châlons où les clients acquittent leurs achats avec des jetons.

À défaut d’avoir donné naissance à des coopératives de production, inexistantes dans le département, l’esprit d’association, encouragé par la loi de 1884 sur les syndicats, s’est concrétisé à travers ces coopératives de consommation qui surent, pour la plupart, s’ouvrir à tous afin d’assurer leur succès.