2 - Un bâtiment novateur mais malcommode

L'architecte Eugène Collin a veillé à créer une harmonie entre la façade de la Préfecture et celle des Archives départementales, à la demande des autorités. La porte centrale du bâtiment est située face à celle de la Préfecture. De plus, la corniche est soulignée par une balustrade qui répond à celle de l'ancien hôtel de l'Intendance.

 

Le dépôt est constitué d'une vaste salle de 37 mètres de long sur 12 mètres de large et 13 mètres de haut, éclairée par vingt-cinq fenêtres. A l'intérieur, les parois sont recouvertes d'étagères de près de 9 mètres de haut. A mi-hauteur environ est installé un passage en mezzanine, sur lequel sont placées de hautes échelles roulantes permettant d'atteindre les documents. La capacité de stockage peut être évaluée à 5 ou 6 kilomètres linéaires. Le bâtiment des Archives de la Marne est l'un des premiers construits en France pour cette fonction, et l'un des plus novateurs à l'époque.

 

Sa conception intérieure  présente cependant plusieurs inconvénients : clarté insuffisante, danger des manipulations de documents en hauteur, risque de propagation rapide des incendies. Pour apporter de la lumière, on installe en 1869 quatre grands châssis vitrés dans la toiture, côté nord-est. La hauteur des rayonnages et des échelles roulantes fait courir un grave risque de chute à l'archiviste. Plusieurs solutions sont envisagées puis abandonnées : tendre un filet au-dessus du vide, au niveau de la mezzanine, ou construire un plancher intermédiaire. En 1880, on installe une conduite d'eau jusqu'au bâtiment, des colonnes sèches et une bouche d'incendie mais, très vite, ce système se révèle insuffisant et inutilisable.

 

Malgré l'agrandissement du dépôt dans les années 1920, cet aménagement intérieur perdure jusqu'en 1947. Heureusement, aucun accident ni aucun incendie ne sont à déplorer.